Le député de la Manche Stéphane Travert prend position
Influence. Depuis plusieurs semaines, les pêcheurs de loisir alertent sur l’absurdité du quota fixé à cinq maquereaux par jour. Aujourd’hui, le député de la Manche Stéphane Travert, ancien ministre de l’Agriculture et de la Pêche, a pris position contre le quota de cinq maquereaux imposé aux pêcheurs de loisir. Il a saisi le Premier ministre Sébastien Lecornu par un courrier d’alerte, appelant à la suspension de cette mesure et à l’ouverture d’un véritable dialogue avec les acteurs concernés. Le constat dépasse le seul cadre des quais et des cales de mise à l’eau : il entre pleinement dans le débat politique.
Quota maquereau : quand le politique rejoint le terrain.
Le député de la Manche Stéphane Travert a pris position en demandant officiellement le retrait de cette mesure et l’ouverture d’une véritable concertation. Une démarche qui vient confirmer ce que les pêcheurs de terrain dénoncent depuis le début : une décision prise sans tenir compte des réalités de pratique. Dans un courrier adressé au Premier ministre Sébastien Lecornu, plusieurs parlementaires normands pointent une réglementation mal calibrée, incomprise et déconnectée. Ils rappellent que l’état du stock de maquereau ne peut être réduit à la seule pêche de loisir, mais relève de dynamiques bien plus larges : pressions internationales, déséquilibres dans la répartition des quotas, évolution des migrations liée au réchauffement des eaux.
Sur ce point, le Comité 50 le répète : faire peser la contrainte sur les acteurs les moins impactants n’est pas une politique de gestion, c’est un affichage. Les pêcheurs de loisir représentent une part marginale des prélèvements, mais subissent des mesures visibles, immédiatement applicables… et politiquement commodes. À cette incohérence s’ajoute une accumulation de contraintes administratives, notamment le recours à des outils numériques de déclaration qui, sur le terrain, posent déjà des difficultés d’usage et d’appropriation. Là encore, la règle semble pensée sans ceux qui devront l’appliquer.
La prise de position de Stéphane Travert n’est pas anodine. Par son expérience ministérielle et son rôle actuel à l’Assemblée nationale, il se situe au cœur des échanges entre filière, gouvernement et décideurs. Il a récemment participé à plusieurs discussions de haut niveau sur l’avenir de la pêche, aux côtés de Emmanuel Macron et de la ministre de la Mer Catherine Chabaud.
Une question demeure pourtant : la pêche de loisir a-t-elle réellement pesé dans ces échanges, ou reste-t-elle un angle mort des politiques publiques ? Aujourd’hui, alors que la consultation est toujours en cours, l’enjeu est clair. Il ne s’agit plus seulement de contester une mesure, mais de poser les bases d’une gestion crédible :
fondée sur des données scientifiques solides,
adaptée aux pratiques réelles,
et construite avec l’ensemble des acteurs.
Reste à voir si cette prise de position politique débouchera sur des évolutions concrètes. Car sans inflexion du texte, le risque est grand que cette séquence ne soit perçue que comme un signal sans lendemain, là où les pêcheurs attendent des décisions. Car Le Comité 50 aime à le rappeler : la mer ne se gère pas à distance. Elle se gouverne avec ceux qui la pratiquent.
Partager l’information
Et rejoindre le groupe du Comité 50
